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Complementerre

By 18 octobre 2019 No Comments
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Le vin naturel, ce n’est pas un label ! C’est un art de vivre ! Dans un monde où tout va vite, Marion Pescheux et Manuel Landron, jeunes vignerons du pays nantais ont choisi de lâcher prise et de travailler au rythme de la nature.

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Après une année passée à l’autre bout du monde (Chili, Nouvelle Zélande) où ils découvrent la biodynamie et travaillent leur premier vin naturel, ils reviennent au bercail. C’est au pays du Muscadet, à la Haye-Foassière, au pied du Château d’Eau, qu’ils créent leur domaine, Complémen’Terrre, en 2013. Mais pour louer vignes et cave, il faut convaincre le banquier, et comme dit Marion, « le temps de la nature n’est pas celui de la sociéte… et encore moins celui du banquier ». Mais l’optimisme et la motivation leur donneront raison !

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C’est tout naturellement que Manu en est venu à faire du vin… naturel ! Petit, il est tombé dans la marmite de Muscadet ! Son grand-père crée les domaines Landron dans les années 50, au départ, une petite exploitation de 3 ha. Puis Joe, le père de Manu acquiert de nouvelles parcelles. En 1987, c’est le déclic. Les vignes manquent d’être empoisonnées par un désherbant. Joe cesse alors leur utilisation et commence le labour. En 2002, il obtient la certification Ecocert, puis viendra en 2011, la certification en biodynamie.

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Le couple reprend le flambeau avec comme première exigence le respect de la nature et du vivant. Cela commence à la vigne, où Manu et Marion cultivent en bio. 90% du temps de travail y est consacré. Pour améliorer la biodiversité autour de leurs vignes, ils vont installer des ruches et faire de la polyculture. Et pour garantir la qualité de leur vin, ils ont obtenu le label Nature et Progrès qui soutient des entreprises à taille humaine éthiques et solidaires.

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La suite se passe à la cave où l’enjeu est de rester à l’écoute du vivant.  « Il ne faut pas gâcher le raisin avec trop d’intrants », la modération est de mise. Comme la plupart des vignerons nature, Manu et Marion vinifient sans l’aide d’œnologue. Si leur objectif est surtout d’obtenir un bon muscadet, en respectant l’identité de leur parcelle, ils s’essayent toutefois à quelques expériences.

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Une fois que le vin est en cuve, Manu écrit des mots doux pour insuffler des pensées positives, « pour que le vin se sente bien » : joie, paix, gratitude, bonheur, merci, scintillement… « On transmet notre être à tout ce qui est vivant » dit-il, « il faut y mettre le moins possible de stress et d’angoisse. »

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Pour Marion, qui a découvert la vigne par la biodynamie, faire du vin naturel, c’est « transmettre aux gens la pureté du travail à la vigne. On élève nos vins comme des enfants : on leur apporte surveillance et attention, le soutien dont ils ont besoin, mais ils grandissent tout seuls, on ne les fabrique pas. »

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On l’aura compris, le vin naturel est vivant. Une anecdote le prouve ! Pour leur dernière cuvée, Manu et Marion ont changé l’étiquette d’un de leur Muscadet, le Mortier Gobin. Le traditionnel Château a laissé place à une étiquette peinte à la main par une amie, et depuis, vous le croirez ou non, le vin s’est bonifié !

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Si 60% de ses ventes se font à l’export, Marion tient aussi à rencontrer sa clientèle locale, comme ici à Rouge Bouteille, un bistrot du quartier Zola à Nantes. Nicolas, le patron, s’y installe en 2012 et y partage sa passion pour les vins naturels. Ancien caviste à Paris, venu du milieu du « fooding », il a voulu « s’éloigner d’un certain microcosme » qui selon lui ferme la porte à la curiosité et à la surprise.

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On y découvre des vins aux étiquettes étonnantes, elles aussi ont peut-être une influence sur leur précieux breuvage : « Du vin dans les Pinards », « Le fruit du hasard du Domaine des Possibles », « To bu or not to bu », « Barrick White »…

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Au bar, Yoann et Julie orientent les clients dans leurs choix. Certes, il faut un peu de théorie, mais la connaissance passe essentiellement par le ressenti. Ce n’est pas qu’une question de goût, c’est une histoire d’Homme, de Terroir. Pour vous aider ils vous parleront plus volontiers de l’histoire du vigneron que d’œnologie.

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Si par hasard, vous passez par Rouge Bouteille ou à la Haye-Fouassière, vous croiserez peut-être Marion qui vous expliquera dans un sourire lumineux que ce qui fait vraiment résonner un vin, « c’est l’âme qu’on met dedans ! »

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